ULTRA MARIN 2015

Mon 1er 36 kms (Récit de Sylvaine)

 

J’avais promis, juré, craché de ne pas courir plus de 10-12 kms, après je m’ennuyais, blablabla…

Et puis, fin novembre, le lendemain de la Chouette et le Hibou, course de nuit de 18kms (en fait, 16 pour moi à cause de débalisage indélicat…), je rate la dernière marche de l’escalier et me voilà HS pour 2 mois. Entorse, pas de course à pied… Je ronge mon frein et commence à penser à faire un peu plus long dès que je serai remise. Fin janvier, me voilà de nouveau à courir et à peine 15 jours après ma reprise, épanchement de synovie du genou droit, plus de course à pied à nouveau…Bref, je marronne dans mon coin, cherche une solution, consulte, passe un arthroscanner, fais une infiltration, chausse des semelles magiques grâce à cette merveilleuse podologue de Chamarande et enfin, mi-avril, ouf, tout va mieux pour moi et j’emboîte le pas des trailers qui préparent le 36 kms.

Grâce à Lucie/Miss Garmin/ meneuse d’allure, me voilà à suivre les 4 entraînements hebdomadaires en mettant mes pas dans les siens pour préparer l’Ultramarin. Les premiers entraînements sont difficiles, la reprise est ardue mais je m’accroche. Ca râle sec à la maison, je suis tout le temps sur les chemins, on ne me voit plus mais je persiste et je commence à y arriver. Mon allure est régulière, mon cardio correct. Il me reste à gérer mon régime alimentaire (trop de fibres nuisent dès que je dépasse 1h30 de course)

Je questionne les autres trailers, je regarde sur internet, le site de L’UTMB devient ma bible…je me prépare comme si c’était un championnat du monde. J’ai envie que le jour J soit sans aucune mauvaise surprise autre que ma difficulté à terminer, si cela devait arriver. Bref, lorsque j’arrive à Vannes, je suis sereine. Je n’ai mangé aucune fibre, aucun fruit, aucun légume depuis 5 jours. Je suis d’ailleurs bien malheureuse et je ne rêve que d’abricots, haricots verts, cerises…

Tous les trailers sont là au camping quand nous arrivons. Eric Pointeau nous offre du riz au lait, ah, ce fameux riz au lait, j’en connais qui s’en souviendront encore longtemps et qui regretteront un peu de s’être laissé tenté, mais ceci est une autre histoire.

J’aime bien cette ambiance de préparatifs, mi studieux-mi rigolards. Carole qui a tout bien préparé en amont cherche à organiser les voitures. Le départ étant situé à 12 kms de l’arrivée, il faut un peu de logistique pour caler tout ça, mais tout va bien. Max, Javier et Sébastien font supporters/chauffeurs/photographes. Ils sont partout, récupèrent les poches à eau des unes, véhiculent les trailers du 56 kms jusqu’à Sarzeau, nous encouragent et nous mitraillent à l’appareil photo.

Nous avions décidé de courir ensemble avec Marie-Jo et Lucie. Ghislaine était toujours un peu devant nous aux entraînements et au coup de pistolet, là voilà partie, un peu devant. Nous laissons partir le gros de la troupe. Marie-Jo perd son paquetage de nourriture au 1er virage, ça la fait marrer, Lucie et moi avons les poches bourrées de pâtes de coing, on va pouvoir la ravitailler. On a le temps de regarder les harnachements des uns et des autres, les nu-têtes, ceux aux shorts trop courts qui vont avoir des échauffements, ceux qui marchent déjà au 5ème km. Dans notre partie de peloton, la foule est hétéroclite, plus de filles que de garçons.

Lucie nous fait meneuse d’allure et tout se passe bien. Il fait très chaud, et on passe notre temps à boire. On papote déjà nettement moins qu’aux entraînements. On est sérieuses. Les paysages sont sympas, les chemins ressemblent à nos terrains de jeux. On n’est pas dépaysées. Il y a sans arrêt des faux plats montants.  On est déjà au 13ème km, à l’unique ravito du gymnase de Séné. On boit un coca, Marie-Jo rafle les pâtes de fruits et les biscuits et on repart sans tarder.

Nous voilà plus près du bord de mer, on passe par des plages et on marche dans le sable. Il n’y a pas beaucoup de vent, on a de plus en plus chaud. On finit par rattraper Ghislaine au 20ème qui a un coup de chaud et qui a décidé de ralentir. Marie-Jo se propose de l’accompagner et nous nous séparons. Lucie et moi partons devant et Ghislaine et Marie-Jo continuent un peu derrière nous. On court sur un sentier séparé de la mer par une haie, il n’y a pas d’air. Quand on passe près d’un champ, la chaleur de la terre monte et on sue à grosses gouttes.

On trottine toujours et on double, on double, on double de beaux gaillards bien bâtis. Un vrai boost pour l’ego. On a l’impression d’être des championnes du monde. Tout le monde marche autour de nous. On double un coureur couché dans l’herbe pris d’une crampe. Heureusement pour nous, des promeneurs se chargent de l’aider à faire passer sa crampe. Bien qu’on soit solidaires des autres coureurs, on n’a aucune envie de s’arrêter pour l’aider, prises de peur de ne plus avoir de jus pour repartir.

A 3h15, Lucie me dit « Ca y est, on entre dans l’inconnu, on n’a jamais couru aussi longtemps ». Il reste encore environ 10 kms. Et toujours plus de faux plats et de sentiers sans air.  Des passants offrent de l’eau et on s’asperge plusieurs fois la tête pour se rafraichir. L’eau des poches à eau est tiédasse. Heureusement, qu’on n’a pas mis du St Yorre, hein Eric L… ni de jus de banane salée d’ailleurs J !!

L’inconnu n’est finalement pas si difficile. On trottine toujours, on marche parfois sur des fins de faux plats, mais jamais plus d’une minute. Je flotte sans penser à rien, mon cerveau est sur off, un pas devant l’autre, c’est tout ce à quoi je pense.

 Nous voilà au fameux pont, Séb a dit à Lucie : «  au pont, vous serez pratiquement arrivées »  et au loin les 4 arches de l’arrivée. Je commence à fatiguer et Lucie me double et m’encourage à la suivre. Je baisse la tête et suis ses pas, le chemin paraît interminable, le long du Concarneau. Les gens en ville prennent parfois toute la place sur les trottoirs, on doit un peu zigzaguer. Finalement, on passe 1, puis 2, puis 3, puis 4 arches avant de s’arrêter, le souffle court. Yes, 4h32 pour mon premier 36 kms. On reprend notre souffle. Même pas mal…

Ravito sympa, on retrouve tout le COSE en train de manger et de se reposer, on apprend les soucis gastriques de Renato, le coup de chaud de Didier, la crampe au mollet de Jean-Marie, Corinne qui a détesté porter un sac et tous les autres heureux d’avoir fini.

Ghislaine et Marie-Jo arrivent également et Ghislaine jure que ce sera sa dernière longue distance. Et l’année prochaine ? tu ne le refais pas avec nous ??

On pense à Fabrice et Laurent qui vont s’élancer à 16h00 alors qu’il fait une chaleur torride et à Fabienne et Pascal qui sont sur la marche nordique pour 27 kms.

Je pense également aux fruits qui m’attendent au camping et que je vais déguster avec Helen devant un thé à notre retour.

Merci les coachs pour les conseils avisés, la sollicitude, les encouragements et la rigueur qui permet de doubler Mister Univers au 27ème Km.  Merci les gens du COSE d’être bienveillants et de m’avoir fait grandir au point de changer d’avis…

Merci Lucie/Garmin d’avoir une allure métronomique et un moral d’acier, merci Marie-Jo et Ghislaine d’avoir été mes comparses d’entrainement.

Je resigne pour l’an prochain, même sous le crachin breton.

ULTRA MARIN

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